Visionner les présentations

Les succès des communautés des Premières nations, des Inuits et des Métis à l'égard de la planification de l'intervention en cas de grippe H1N1 ont été soulignés lors de la conférence annuelle de 2010 de l'Association canadienne de santé publique.

L'intervention en cas de pandémie de la Première nation Cowassess : la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a célébré la Première nation Cowassess comme étant un chef de file en matière de planification de l'intervention en cas de pandémie.

 

Pour en savoir plus

Présentation de la Première nation Musuau Innu : Portail des Autochtones au Canada

Déplacement des Mushuau Innu : Affaires indiennes et du Nord Canada

Déplacement des Mushuau Innu : Commission canadienne des droits de la personne

La stratégie globale à long terme de guérison des Innus du Labrador  

Aider les Innus à s'aider eux-mêmes : un article de presse (2006) concernant le besoin d'avoir un contrôle communautaire à l'égard de la stratégie de guérison.

 

Liens associés
Annexe B du Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza — Considérations relatives au plan de lutte contre la pandémie d'influenza pour les collectivités des Premières nations vivant dans les réserves : mis à jour en 2009, ce document identifie les responsabilités lors d'une pandémie et énumère les activités et les plans de rechange importants dans la préparation en vue d'une vague de grippe, allant de la surveillance aux essais en laboratoire, à l'utilisation d'urgence d'autres installations afin de prendre soin des malades.

 

Articles de presse

Le Canada requiert un plan d'intervention en cas de pandémie destiné spécialement aux Inuits : le 21 octobre, Mary Simon, présidente d'Inuit Tapiriit Kanatami, a informé le Comité permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie que le Canada a besoin d'un plan d'intervention en cas de pandémie pour les Inuits et préparé par eux. « Ce plan doit refléter nos réalités et inclure ce que nous avons appris de notre expérience avec la grippe H1N1 », a-t-elle dit.

Félicitations au Conseil cri de la santé pour son initiative d'immunisation contre la grippe HIN1 de calibre mondial

Le CCNSA et la planification en cas de pandémie

  

Visionnez notre diaporama ci-dessus, qui présente des images et des voix de la communauté de Natuashish



Le partage des connaissances en matière de planification de l'intervention en cas de pandémie dans les communautés autochtones

Le travail d'équipe à Natuashish

Octobre 2010 - Lorsque Kathleen Benuen s'est portée volontaire pour être la première à recevoir le vaccin contre la grippe H1N1 dans la communauté éloignée de Natuashish dans le nord du Labrador l'année dernière, tout le reste de la population a suivi son exemple.  Madame Benuen, la directrice de la santé communautaire, a fait partie d'une campagne d'immunisation de masse au sein des Mushuau Innu qui, le 28 octobre 2009, a vu 90 pour cent de la communauté recevoir leur vaccin contre la grippe en une seule journée.

Le 31 décembre, 99 pour cent des membres de la communauté étaient immunisés.

Par conséquent, aucun cas de grippe H1N1 n'a été signalé dans la communauté de Natuashish, selon Joanne McGee, une infirmière de santé communautaire. En fait, on a décelé très peu de cas de maladie de type grippal dans la communauté.

« Nous savions que notre population courait un risque élévé de contracter le virus de la grippe H1N1 et nous nous sommes mis à la tâche immédiatement », mentionne madame McGee. « La communauté en entier était mobilisée dès le départ, aussitôt que la grippe H1N1 est apparue au mois de mai. »

Natuashish, qui abrite les Mushuau Innu depuis qu'ils ont été déplacés de Davis Inlet en 2002/2003, est géographiquement isolée et a un accès limité aux ressources de soins de santé. Sa population de 823 habitants connaît un taux élevé de comorbidité et comprend un grand pourcentage de jeunes enfants et de femmes enceintes.  

« Une des choses que nous voulions accomplir en ce qui concerne l'immunisation de masse était un accès complet au vaccin », mentionne madame McGee. « Nous ne nous attendions pas à ce que 100 % des personnes admissibles viennent recevoir le vaccin, mais nous voulions au moins les renseigner et leur donner l'occasion de le faire si elles le souhaitaient », a-t-elle ajouté.

L'an dernier, la pandémie de la grippe H1N1 au Canada a coûté 2 milliards de dollars et a entraîné 8 678 séjours à l'hôpital. Les populations autochtones représentent moins de 5 % de la population canadienne, mais 17,5 % des cas de grippe H1N1 exigeant un séjour à l'hôpital. La première vague de la pandémie de 2009 a touché le Manitoba, dont la population du nord est principalement composée d'Autochtones, presque plus que toute autre province canadienne.

Cependant, derrière les nouvelles à la une décrivant les défis, on retrouvait des exemples de réussite des communautés, notamment Natuashish, les Inuits urbains d'Ottawa, les Cris du nord du Québec et les Premières nations de la Saskatchewan. Ces réussites indiquent la valeur de la mobilisation communautaire, des partenariats, de la communication et de la direction pour la planification actuelle et future de l'intervention en cas de pandémie, tout en dirigeant également l'attention sur les conditions sous-jacentes de la pauvreté, des maladies chroniques et du surpeuplement qui rendent les populations vulnérables lors de telles pandémies. 

La préparation en vue d'une campagne d'immunisation communautaire

Les mesures prises en matière de santé publique contre la grippe H1N1 ont évolué l'an dernier au Canada et la Commission de la santé de Natuashish et de Mushuau Innu a suivi le même rythme. Grâce au soutien gouvernemental, la communauté a élaboré un plan d'intervention en cas de pandémie, incluant un processus d'immunisation de masse propre à Natuashish, juste avant que l'Organisation mondiale de la santé ait déclaré une pandémie de grippe H1N1 en juin 2009.

Une importante équipe formée de personnel de la communauté a rendu visite à l'école de la localité, a organisé des réunions communautaires, a rencontré les Aînés, a installé des distributeurs de désinfectant pour les mains dans les immeubles abritant des services de santé et a préparé des trousses de renseignements sur l'immunisation qui ont été distribuées dans tous les foyers. Ces trousses fournissant des renseignements ainsi que des feuillets préparés pour la communauté en anglais et en Innu Aimun (la langue maternelle de la Première nation Mushuau Innu).

« Pendant les deux jours précédant l'immunisation de masse, nous avons tenu des rencontres et des séances d'information en groupe. Chaque personne savait exactement ce qu'elle devait faire, qu'il s'agisse des communications radio ou de l'organisation du roulement des chauffeurs et de la prise en charge du contrôle de la circulation par le chef des pompiers et son équipe. Chaque personne avait un rôle à jouer et le comprenait bien », mentionne madame McGee. 

 

Matninish et petit-enfant à Kamestastin Euinauatsch. Photo : Susan Connell

 

 

 




Le jour désigné, l'autorité sanitaire de Labrador-Grenfell a nolisé un avion et a amené une équipe de personnel infirmier pour aider à la campagne de vaccination. Le rôle de cette équipe était de vacciner les gens et ses membres ont également reçu des renseignements afin que tous puissent travailler ensemble pour assurer un bon déroulement de la campagne. La directrice de la santé, Kathleen Benuen, et l'adjoint du chef, John Nui, ont reçu leur vaccin en premier afin de réassurer les autres personnes.

Parmi les 823 personnes admissibles à recevoir le vaccin, 815 l'ont fait. À la fin de décembre 2009, l'équipe avait réussi à vacciner 99 % des personnes admissibles.

Madame McGee a mentionné que les facteurs qui ont contribué au succès de cette campagne comprennent le travail d'équipe dirigé par la communauté ainsi que l'engagement social qui a fait que toute la population a été bien renseignée. Les bonnes relations avec l'autorité sanitaire de Labrador-Grenfell ont permis une collaboration efficace, alors que la direction communautaire du secteur de la santé et les dirigeants élus se sont assurés que la planification de l'intervention en cas de pandémie était une priorité.

« Cependant, un des meilleurs indicateurs de réussite était le fait que les gens nous ont dit que vous avions fait un bon travail », mentionne madame McGee.

Des communautés en action

Des exemples de réussites semblables ont été constatés dans d'autres communautés Les Cris du nord du Québec ont utilisé les médias sociaux et les techniques de rédaction de bandes dessinées japonaises Manga afin de transmettre leur message aux neuf communautés d'Eeyou Istchee, plus particulièrement aux jeunes âgés de 15 à 25 ans qui représentent la majorité de la population crie du territoire. 

« Pendant la campagne d'immunisation de masse contre la grippe H1N1, les médias sociaux ont été utilisés pour les communications urgentes et ont démontré un excellent potentiel pour les communications sanitaires en général », mentionne Iain Cook, qui a aidé à transmettre les communicationsEn fait, Ie Conseil cri de la santé a récemment été félicité pour son initiative de vaccination de calibre mondial et le président du conseil, James Bobbish, a remarqué que la souplesse était un élément essentiel à l'accommodation des différences géographiques et culturelles. (Lire l'article).

 

Heidi Langille et Lynda Brown travaillent auprès des jeunes à Tungasuvvingat Inuit, un centre communautaire de counseling et de ressources à Ottawa.

 

 

 

 

 


Les Inuits d'Ottawa ont reçu un soutien par l'entremise d'une campagne contre la grippe H1N1, menée par une équipe multidisciplinaire qui a utilisé un modèle de prestation de services adapté à la communauté. La campagne a été organisée par l'entremise de Tungasuvvingat Inuit, un centre communautaire de counseling et de ressources. Les Inuits d'Ottawa connaissent un taux élevé de séjours à l'hôpital, sept fois plus élevé lors de la vague de grippe H1N1que les taux généraux des Autochtones, et sa population est considérée comme ayant un risque élevé étant donné son expérience de comorbidité et de maladies chroniques. Par conséquent, les équipes de pandémie ont fourni une interprétation culturelle, des rendez-vous de plus longue durée ainsi qu'un suivi et une gestion de dossier accrus. Ici aussi, la réussite a été constatée par le fait que plus de 800 patients ont été évalués, que 200 vaccins ont été administrés, qu'aucune personne n'a été hospitalisée et qu'aucun décès n'a été enregistré.

En Saskatchewan, les Premières nations des réserves de cette province ont pris en charge la planification de l'intervention en cas de pandémie et ont travaillé en collaboration avec divers partenaires du secteur de la santé. La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a félicité la Première nation Cowassess pour son exemple positif de planification en cas de pandémie, qui a été entamé bien avant la pandémie de la grippe H1N1, ce qui a donné naissance à une solide association entre le gouvernement et les partenaires ainsi qu'à des plans adaptés à la communauté.  Le taux d'immunisation contre la grippe H1N1 des Premières nations de la Saskatchewan était parmi les plus élevés au Canada, ce qui a mis en évidence l'importance de l'adaptation des renseignements sur la santé destinés aux clients.

De façon semblable, la Première nation de Sucker Creek de l'Alberta a utilisé une approche globale pour la préparation en cas de pandémie dans le cadre d'un projet pilote dirigé par l'Assemblée des Premières nations, qui intègre la Roue de la médecine communautaire ainsi que les valeurs et les enseignements traditionnels.

Les défis présentés par la grippe H1N1 et la planification en cas de pandémie continuent

Bien que l'Organisation mondiale de la santé ait déclaré la fin de la pandémie en août 2010, les études, les audiences et la planification en cas de pandémie n'ont pas cessé. Au Canada, une année après la vague de grippe, le gouvernement fédéral travaille à s'assurer que des plans en cas de pandémie de grippe en place dans les communautés des Premières nations sont à jour. Le Comité permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie tient actuellement des audiences sur la préparation en cas de pandémie au Canada afin d'évaluer l'intervention du gouvernement ainsi que les effets socioéconomiques de la pandémie de la grippe H1N1. Le traitement de l'Organisation mondiale de la santé de la vague de grippe est également à l'étude par un comité indépendant, qui devrait présenter son rapport l'an prochain.  

Tandis que l'Assemblée des Premières nations accueille la décision du gouvernement fédéral de s'assurer que les plans en cas de pandémie sont à jour, le Chef national, Shawn Atleo, demande au gouvernement d'aborder les problèmes sous-jacents qui permettent aux virus, comme le H1N1, de se répandre plus rapidement. Ceux-ci comprennent les logements surpeuplés, les taux élevés de diabète de type 2 chez les Premières nations, le manque d'eau potable, l'accès facile aux établissements de soins de santé et la pauvreté. Il a mentionné que les Autochtones canadiens continueront à être frappés durement par les maladies tant que nous ne connaîtrons pas une amélioration des conditions de vie sur les réserves.

Le médecin hygiéniste en chef de Nanavut, Dr Jeff Isaac Sobol, reçoit un vaccin contre la grippe H1N1 lors de la campagne d'immunisation de masse de deux semaines en novembre 2009. Photo : Jim Bell, Nunatsiaq News

 

 



Le médecin hygiéniste en chef de Nanavut, Dr Jeff Isaac Sobol, a dit que la réponse du territoire envers le vaccin contre la grippe H1N1fut « très positive », mais lors des audiences du Comité permanent, il a mentionné que la prestation des services de santé de base aux communautés Inuits demeurait une préoccupation importante. Il a indiqué que les mauvaises conditions de vie—il y a un manque de salubrité des aliments dans le domicile de 70 pour cent des enfants d'âge préscolaire—créent « un foyer propice à la dissémination rapide des maladies contagieuses ».

Mary Simon, présidente d'Inuit Tapiriit Kanatami, a informé le Comité permanent que le Canada a besoin d'un plan d'intervention en cas de pandémie pour les Inuits et préparé par ceux-ci, remarquant qu'une année et demie après que les premiers cas de grippe H1N1 ont été diagnostiqués dans les régions inuits, il n'existe toujours rien dans le document de planification actuel qui aborde particulièrement la gestion d'une pandémie dans les communautés inuits. Un plan adapté aux Inuits « doit refléter nos réalités et inclure ce que nous avons retiré de cette expérience avec la grippe H1N1 », a-t-elle dit. [Voir Sikunews]

Comme les chercheurs de l'Université du Manitoba qui examinent les leçons tirées de l'expérience des Premières nations et des Métis avec la grippe H1N1 l'ont constaté, « les services de santé publique doivent examiner plus attentivement les contextes socioéconomique et culturel des Premières nations et des Métis lors de la planification et de la gestion des interventions ainsi que de la communication des risques associés à une vague pandémique ».


Références

Archer B N, Cohen C, et. coll. (2009). Interim report on pandemic H1N1 influenza virus infections in South Africa, avril à octobre 2009: Epidemiology and factors associated with fatal cases. Euro Surveill. 2009; 14(2):pii=19369. Accessible en ligne à : http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleID=19369. www.eurosurveillance.org

Driedger S M, Jardine C J, et coll. (2010). H1N1 Risk and Trust: Learning from First Nations and Metis Experiences. University of Manitoba, University of Alberta, Trent University.  Présenté lors de la réunion annuelle de 2010 de la Society for Risk Analysis (SRA). http://birenheide.com/sra/2010AM/program/singlesession.php3?sessid=W3-C.

La Ruche G,  Tarantola A, et. coll. (2009). The 2009 Pandemic H1N1 Influenza and  Indigenous Populations of the Americas and the Pacific. Euro Surveill. 2009:14(42):pii=19366. Accessible en ligne à : http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=19366

Mahmud S M, Becker M, et.coll. (2010). "Estimated cumulative incidence of pandemic (H1N1) influenza among pregnant women during the first wave of the 209 pandemic," Canadian Medical Association Journal, 5 octobre 2010; 182 (14). Antérieurement publié sur www.cmaj.ca

Picard, A. (2010). "The H1N1 post-mortem: $2 billion, 428 deaths - and they still did the right thing," Globe and Mail, 13 mai.

Picard, A. (2010). "What are the public-health lessons of H1N1? Preach less, engage more," Globe and Mail, 9 juin.

Skowronski D M (MD),  Hottes T S (Msc) et. coll. (2010). "Prevalence of seroprotection against the pandemic (H1N1) virus after the 2009 pandemic," Canadian Medical Association Journal, 23 novembre. 182 (17). Première publication le 18 octobre 2010; doi:10,1503/cmaj.100910.  http://canadianmedicaljournal.ca/cgi/content/abstract/182/17/1851


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