Relier les gens, les lieux et la santé
Juin 2011 - La santé et le bien-être des communautés autochtones sont intimement liés à la terre. Comme le souligne la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007 à l'article 25 :
« Les peuples autochtones ont le droit de conserver et de renforcer leurs liens spirituels particuliers avec les terres, territoires, eaux et zones maritimes côtières et autres ressources qu'ils possèdent ou occupent et utilisent traditionnellement, et d'assumer leurs responsabilités en la matière à l'égard des générations futures. »
Margot Parkes est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la santé, les écosystèmes et la société de l'University of Northern B.C. et auteure d'un nouvel examen du CCNSA qui examine les points communs potentiels entre les approches holistiques et en écosanté en matière de santé autochtone.
Madame Parkes est au premier plan d'une nouvelle génération de recherche et de pratique qui comble les « fossés artificiels » entre les approches sociales et environnementales de la santé. Elle souligne que l'orientation actuelle sur l'environnement physique tend à se concentrer sur les contaminants et les risques qu'on retrouve dans la nourriture, l'eau et le sol. « Cette approche nous fait voir le monde naturel comme une source de maladies plutôt qu'en tant qu'essence de la vie. » Elle souligne également que les analyses des inégalités en matière de santé tendent à négliger le rôle de l'environnement physique en tant que facteur fondamental.
Les approches d'écosanté ont été décrites comme « participatives et fondées sur les systèmes qui visent à comprendre et à promouvoir la santé et le bien-être dans un contexte d'interactions sociales et écologiques ». L'apprentissage et l'échange qui s'appuient sur les forces de la connaissance autochtone et l'écosanté est un « terreau fertile » qui pourrait servir à promouvoir un avenir pour les communautés autochtones où les écosystèmes, l'équité, la santé et la culture peuvent prospérer, » suggère-t-elle.



Rétablissement d'un lien entre les personnes et les lieux
L'examen L'écosanté et la santé des Autochtones : un examen de nos points communs inclut des exemples de la façon dont de telles approches sont utilisées afin d'améliorer la santé et le bien-être des communautés autochtones au Canada et à l'étranger.
En Arctique au Canada, par exemple, des liens sont établis entre la glace saine et la santé des Inuits dans le cadre d'un projet mené par l'entremise du Centre pour la santé des Inuits et changements environnementaux Nasivvikdes Universités de Laval et de Trent. Le projet avec la Ilisaqsivik Society de Clyde River inclut la cartographie des inuusiqartiarvit « sites pour la santé ». Les activités comme la chasse, le camping et la pêche sont des aspects importants de la santé physique et mentale des résidants de Clyde River, en majorité des Inuits. Dans le cadre du Observers Pilot Program (programme pilote communautaire des observateurs) de Clyde River, le projet vise à documenter les connaissances locales quant aux liens entre l'environnement et la santé à Clyde River et la façon dont la relation a changé au fil du temps.



De tels projets représentent une nouvelle génération d'approches en matière de santé des Autochtones. Madame Parkes mentionnait que le domaine de l'écosanté émergent complète les innovations proposées par les modèles holistiques de santé autochtone et qu'il en a beaucoup à apprendre des précédents de longue date sur les visions indigènes du monde, où la reconnaissance de l'environnement en tant que source de vie exige une vision holistique des dimensions sociales et environnementales liées à la santé. Ceci est crucial pour aborder des problèmes de santé complexes, « particulièrement dans les communautés faisant face à un changement rapide tant social qu'écologique où les préoccupations liées à la santé, l'environnement et les inégalités s'intensifient.»
Elle souligne que l'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire et la Commission sur les déterminants sociaux de la santé de l'Organisation mondiale de la santé permettent de comprendre la santé en lien avec les écosystèmes et l'équité sociale, et en particulier l'importance des communautés autochtones. L'évaluation pour le millénaire examine les liens entre le bien-être humain et les biens naturels quant aux différents types d'écosystème en passant par les écosystèmes forestiers, boisés, insulaires, urbains, côtiers et marins, ainsi que de nombreux autres, jetant la lumière sur les relations écologiques complexes qui sont les fondements de la vie humaine, des sociétés et de la santé, et qui à leur tour, sont influencées par les activités humaines. De 2001 à 2005, l'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire a entraîné la participation de plus de 1 360 experts du monde entier. Leurs résultats fournissent une évaluation scientifique de pointe sur la condition et les tendances au sein des écosystèmes du monde et les services qu'ils offrent, ainsi que le fondement scientifique pour permettre d'agir afin de les conserver et de les utiliser de façon durable.
Comme le remarque madame Parkes « Pour de nombreuses personnes œuvrant dans le domaine de la santé autochtone, ces développements renvoient à la connaissance des anciens et fournissent un élan accru aux efforts actuels consentis pour améliorer la santé dans le cadre d'une interaction continue entre les personnes, les lieux, les communautés, la culture et la nature. »

