La pièce manquante dans la santé des Métis...
Décembre 2011 - Au Canada, le nombre de personnes se déclarant métisses a atteint 91 % dans la décennie précédant l'année 2006. Pourtant, l'état de santé et les besoins sanitaires de cette population en pleine croissance restent encore peu connus.

En fait, il manque d'identificateurs ethniques dans la plupart des bases de données des administrations provinciales canadiennes. Par conséquent, il n'existe aucune information sur des indicateurs de base comme le taux de mortalité chez les peuples métis.

La nouvelle fiche d'information du CCNSA qui explore les facteurs sous-jacents au manque de données sur les Métis met à jour d'autres limites à l'information sur la santé.

Contrairement aux peuples inuits et des Premières nations ayant le statut d'Indien, les Métis n'ont pas droit aux services et aux prestations de santé du gouvernement fédéral. Ils doivent donc recourir aux services de santé provinciaux, ce qui signifie que les données recueillies pour d'autres groupes de population comme les Premières nations des réserves ou les Inuits sont inexistantes pour eux.

L'auteur Catherine Graham du Centre des Métis de l'Organisation nationale de la santé autochtone mentionne également le manque criant d'études universitaires. Sur la période de 30 ans allant de 1980 à 2009, environ 80 articles évalués par des pairs ont été publiés en lien avec la santé des Métis. Sur ce nombre, seuls 12 % les visaient exclusivement.

Les lacunes concernent les questions de compétences, l'absence massive des Métis dans les registres métis provinciaux, le manque d'un couplage de données plus efficace entre les diverses bases et données et des subventions de recherche mieux ciblées. Pour régler ces problèmes, il faut aussi s'occuper des facteurs systémiques comme l'identité des Métis et le manque de représentation de cette population dans les organismes décisionnaires.

Faire la lumière sur l'alimentation des nourrissons, des enfants et des jeunes métis

Deux nouvelles fiches d'information du CCNSA s'appuient sur les conclusions de l'Enquête de 2006 auprès des peuples autochtones (EAPA) pour examiner les habitudes alimentaires des nourrissons, des enfants et des jeunes métis.

Certains faits démontrent que l'insécurité peut constituer un problème, car les enfants métis sont deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les enfants non autochtones. Cette situation découle partiellement du fait que près d'un tiers de ceux de moins de 14 ans vivent avec un parent seul.

« Le nombre élevé de parents monoparentaux peut constituer un facteur important de la santé et de la nutrition des enfants métis », suggère l'auteure Catherine Graham.

Les deux rapports réclament davantage d'actions pour rejoindre les populations métisses au Canada afin que l'état de santé des nourrissons, des enfants et des jeunes soit le meilleur possible.

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